Le détail du parcours de qualification, de A à Z

Il y a deux solutions pour se qualifier pour la TJV . Participer à une course en double du calendrier des Class 40 (Comme le
Fastnet ou la Normandy Channel race) ou effectuer un parcours de qualification imposé par le comité course. Les « portes » à
franchir sont : Portsall, l’Occidentale de Sein, Le Fastnet (Sud-ouest Irlande), Wolfrock (Sud-Ouest Angleterre), l’Ile de Wight
(Côte sud anglaise) et enfin le Havre, soit environ 1000 miles à parcourir.
N’étant pas prêts pour les courses qualificatives…..la seule alternative restait le parcours officiel….. :

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Image1.jpg.


Le comité nous a imposé un départ le mercredi 22 septembre et après une analyse météo des 5 jours à venir, nous avons
choisi de tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, l’inverse étant possible en commençant par la porte du Havre.
L’idée était de passer le Fastnet avant un coup de vent d’ouest / sud-ouest, la mer Celtique ayant une sale réputation dans
ces conditions.
Nous sommes partis dans du vent faible, sous grand-voile haute et solent puis Code 0 (Voile plus grande que le solent mais
qu’il n’est pas possible de porter à toutes les allures). Malgré un vent faible de nord de 8/10 noeuds, nous passons les Sept
Iles à 22h30.
Le lendemain 23 septembre, nous franchissons la première porte (Bouée de Portsall) à 09h35. Le vent reste faible, la mer est
plate et une légère houle anime un peu le plan d’eau.
Le courant est avec nous pour passer le Four et le passage du Fromveur au sud de Ouessant. Nous mettons le cap au sud
pour rejoindre l’Occidentale de Sein qui sera franchie à 18h00. Nous n’avons effectué que 140 miles et mettons le cap sur le
fameux phare du Fastnet distant de 280 miles, le plus long tronçon du parcours.


La nuit sera agitée par deux passages de grains plus ou moins actifs qui nous obligent à tirer des bords….donc à allonger la
route. L’ambiance est au beau fixe, on se remplace à la veille avec Jojo, car on traverse le DST d’Ouessant (Dispositif de
Séparation du Trafic, établi pour réduire les risques d’abordages) …..et il y a pas mal de cargos et autres navires à surveiller.Ce n’est pas le moment d’alimenter la rubrique des faits divers ! Nous avons aussi des visites très régulières de dauphins qui
viennent jouer avec le bateau. Ils ne manquent pas d’énergie pour faire les couillons…..


Les journées du 24 et du 25 se passeront dans du vent faible, avec du beau temps en général et des passages de boucaille, ou
on ne voit pas grand-chose…. Les dauphins sont omniprésents, à celui qui fera le plus l’andouille…. La seule chose à noter est
l’appel d’un chalutier à la VHF qui nous demande de nous dérouter pour ne pas passer sur son dispositif de pêche, le tout
dans un anglais approximatif….. ! A 16h15 nous envoyons le grand spi A4 et c’est parti……le vent ne nous quittera plus.
Le 26, à 01h00 le vent souffle du Sud/Sud-ouest à 25 nds, et on affale le Code 0. Les miles défilent et on se rapproche du
Fastnet que l’on vire à 05h00 du matin dans 30 nds de vent. Nous naviguons avec 2 ris dans la GV et la trinquette (Voile plus
petite que le solent). Nous allons commencer une belle cavalcade pour traverser la mer Celtique en direction des Scilly et de
ème
Wolfrock. Le vent monte à 35 nds et nous prenons le 3 ris. La mer est agitée. Le bateau va vite et il tape fort dans les
vagues. La météo annonce une bascule du vent à l’Ouest…..mais cette bascule va se faire attendre…..
C’est en arrivant à la porte de Wolfrock le 27 septembre à 04h00 que nous allons avoir un vent foireux, faible, puis plus fort,
soufflant du sud, puis de l’ouest….. Nous allons nous retrouver dans un grain à plus de 40 nœuds avec une pluie violente…..et
dans une mauvaise manœuvre nous allons déchirer notre solent…..C’est frustrant…..et vexant surtout….. Comme nous ne
sommes pas en régate, nous allons calmer un peu le jeu, nous sécher et nous reposer. Nous renvoyons de la toile vers 11h00.
Désormais, il s’agit de longer la cote anglaise avec un vent de 25/30 nœuds et des grains à 35/40. La vitesse ne descend pas
en dessous de 12 nœuds et les pointes à 17 nds sont régulières. Le record sera établi à 18,42 nœuds. Après une dizaine
d’empannage nous arrivons à la bouée Fairway des Needles, ce petit bras de mer qui sépare l’Ile de Wight de l’Angleterre.


Le 28 septembre à 01h30 nous passons l’avant dernière porte de l’ile de Wight et nous prenons la route du Havre. Cette
traversée de la Manche sera tonique, Grand-voile à 2 ris et trinquette. Bon plein/travers dans 25/30 nds de SW. Ca vavite…..donc ça tape fort ! Nous suivons une route au-dessus de la route théorique, car le vent doit refuser en arrivant sur les
côtes françaises. Une veille attentive s’impose car les rails des cargos, montant et descendant, sont particulièrement
fréquentés aujourd’hui…..Nous croisons la route, entre autres, du porte container Concorde de la CMA CGM de 400m de
long ! Sacré bestiau ! Comme prévu le vent refuse et faiblit un peu pour le passage de la porte du Havre. Nous la franchirons
à 13h30. Il ne nous reste plus qu’à rentrer à la case, distante de 170 miles.


Nous entrerons dans le ras Blanchard en tirant des bords à contre-courant. Heureusement que nous sommes en mortes
eaux……sinon, il aurait fallu attendre la renverse. Ca ne rigole pas dans ces zones ou les courants sont très forts sur les
pointes. Nous allons naviguer proches des cailloux, Jojo à la barre et moi à la cartographie. Dehors, on ne voit pas grand-
chose car la nuit est noire et le vent souffle à 30nds….Une fois dans le ras, le retour sur Saint-Cast est une formalité. Il y a du
vent, le courant s’inverse et va nous pousser jusqu’à l’arrivée sur Saint-Cast à 11h30…


Ce parcours nous a permis de qualifier le bateau et l’équipage pour la TJV. Mais il a surtout permis de valider certains
choix…..et de dresser une liste de travaux à effectuer avant le départ du Havre le 7 novembre. Pas de temps à perdre, il faut
s’y mettre.
Vous remarquerez, à la lecture de ce compte rendu, que toutes les portes franchies en France l’ont été de jour par beau
temps, contrairement à leurs homologues anglaises toutes franchies de nuit avec du mauvais temps…..D’ici à conclure quoi
que ce soit…………


A bientôt !

Jojo et Morgann

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.